postheadericon Invitation à la première journée d'études de l'association des amis de Montalembert.

 

postheadericon Compte-rendu Colloque

 

Le colloque du bicentenaire

 

 

 

Le 6 novembre 2010, l’Association des amis de Montalembert organisait au sénat un colloque intitulé Charles de Montalembert (1810-1870). Les combats d’un catholique pour la liberté, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de l’écrivain, homme politique et orateur. Réunissant près de deux cent cinquante personnes dans une salle Clemenceau remplie à craquer, la journée s’est ouverte par une courte allocution du président Josselin de Rohan, qui nous a fait l’honneur de parrainer la manifestation. Le palais du Luxembourg est un lieu important pour la mémoire de Montalembert, puisqu’il y siégea comme pair de France jusqu’en 1848, et qu’il y prononça certains de ses plus fameux discours, dont celui du procès de l’Ecole libre en 1831. Historiens, philosophes ou théologiens, des intervenants très divers se sont succédés à la tribune. L’objectif de cette journée était de mettre en valeur la figure de Montalembert comme sujet d’étude pour l’histoire du XIXe siècle. A ce titre, l’intervention de Nicole Roger-Taillade, éditrice avec Louis Le Guillou du Journal intime inédit (8 tomes, éditions du CNRS et librairie Honoré Champion) a permis de souligner l’extrême richesse des archives désormais publiées. Claude-Isabelle Brelot, spécialiste de l’histoire sociale de la noblesse au XIXe siècle, en a donné la démonstration à travers une étude novatrice intitulée « Montalembert en Franche Comté », dans laquelle elle a mis en lumière les différentes stratégies de réseau développées par Montalembert afin de se constituer une assise électorale. L’historienne Jacqueline Lalouette s’est attaquée ensuite à une question complexe, celle du rôle joué par les catholiques libéraux en général et Montalembert en particulier dans les préliminaires du débat sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Jacqueline Bercé, inspecteur général du patrimoine, a rappelé le rôle central et pionnier du grand orateur, dès la Monarchie de juillet, dans la lutte contre le vandalisme, la défense de l’art chrétien, et pour la mise en place d’un dispositif de protection du patrimoine. Enfin Laurent Theis, historien et éditeur, a conclu la matinée par une présentation extrêmement vivante des relations entre Charles de Montalembert et François Guizot.

Le déjeuner organisé par l’association a permis aux participants de partager non seulement d’excellentes salades, mais aussi leur enthousiasme renouvelé pour les études montalembertiennes.

Les travaux ont repris sous la houlette d’un jeune chercheur, rédacteur des débats à l’Assemblée nationale, Bernard Le Drezen. Préparant une thèse de doctorat sur les orateurs de la IIe République, son intervention avait pour titre « Montalembert orateur ». Lucien Jaume, professeur à Sciences Po, traita de la place du catholicisme libéral dans la pensée politique du XIXe siècle. Christopher Guyver, de l’université du Sussex, brossa un tableau des relations ferventes de Montalembert avec son pays natal, l’Angleterre. Enfin, le frère Jean-Miguel Garrigues, op, aborda en théologien le problème du chrétien libéral confronté au relativisme. Cette dernière contribution, aux résonances très actuelles, a été publiée dans Commentaire n°133 (Mars-avril-mai 2011). La journée s’est achevée par un échange très nourri entre la salle et les intervenants, animé par les deux coordinateurs, Antoine de Meaux et Eugène de Montalembert.

 

L’ensemble des interventions, enrichi de plusieurs contributions inédites, paraîtra aux éditions du CNRS dans les premiers mois de l’année 2012.

 

postheadericon Les deux cents ans de Charles de Montalembert

Charles de MontalembertA travers quatre régimes successifs, de la Restauration au Second Empire, Montalembert a consacré sa vie au rapprochement de l'Eglise catholique et des idées libérales issues de la Révolution française. Pair de France puis député avant d'être mis à l'écart par Napoléon III, ce grand parlementaire a bataillé avec fougue pour des causes aussi diverses que l'abolition de l'esclavage, les droits sociaux, les nationalités opprimées, ou la défense du patrimoine. Créateur en 1831 de la première école libre, il a été le véritable père de la Loi Falloux de 1850 instaurant la liberté de l'enseignement. Irréductiblement catholique et libéral (entendu ici comme défenseur de la liberté), son parcours indépendant, qui le vit s'affronter tantôt au déisme anticlérical d'un Victor Hugo et tantôt au catholicisme intransigeant d'un Louis Veuillot, constitue un exemple politique qui demeure plus que jamais d'actualités.

 

postheadericon Montalembert disait de la liberté...


« Faut-il maintenant que je m’explique sur ce que j’entends par liberté ? Serais-je soupçonné de vénérer sous ce nom ancien et sacré les inventions de l’orgueil moderne, l’infaillibilité de la raison humaine, la sotte hérésie de la perfectibilité infinie de l’homme, la consécration de l’envie sous le nom d’égalité, l’idolâtrie du nombre sous le nom de suffrage universel et de souveraineté du peuple ? En serai-je réduit à me défendre de toute complicité avec les prédicateurs de la liberté illimitée, absolue ? J’espère que non. Ce que j’aime et ce que je désire, c’est la liberté réglée, contenue, ordonnée, tempérée, la liberté honnête et modérée ; la liberté telle que l’ont proclamée, recherchée, conquise ou rêvée, les grands cœurs et les grandes nations de tous les temps, dans l’antiquité comme depuis la rédemption ; la liberté qui, loin d’être hostile à l’autorité, ne peut coexister qu’avec elle, mais dont la disparition fait trop souvent dégénérer l’autorité en despotisme. »

Charles de Montalembert

 

postheadericon Notre association...

L'association des amis de Montalembert a été créée à l'occasion du bicentenaire de sa naissance.